Victor Arthein sur un nuage

Victor Arthein
Le maire de Port-Louis, Victor Arthein, est fier. Il n’a pu le cacher hier (jeudi 16 janvier 2020), à l’occasion de sa déclaration officielle de candidature aux élections municipales et communautaires de mars 2020. Plusieurs raisons à cela. La première est directement liée au bilan de sa mandature. Il est arrivé à la tête de la commune en mars 2014. A ce moment-là, les finances de la commune étaient au plus mal avec « un déficit qui s’élevait, selon la Chambre régionale des comptes, à 6 273 001 euros soit plus de 90,38 % des recettes de fonctionnement alors que la loi permet un écart de seulement 10 % », a-t-il rappelé.
En une mandature, il a pu redresser et obtenir un satisfécit de cette même Chambre, ce qui est rare par ces temps de disette et de gestion approximative des collectivités. Il a exprimé sa satisfaction (cliquez pour écouter), lors de cette rencontre publique qui s’est tenue à son QG de campagne, rue Achille-René-Boisneuf, dans le bourg de la commune.

AVEC LE CONCOURS DE LA COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION

Bien entendu, il n’y est pas arrivé seul. Cela n’aurait cependant pas suffi à aboutir à ce résultat de gestion positif. Le clé est venue de la communauté d’agglomération du Nord Grande-Terre, avec l’acquisition du terrain de Rodrigue. Comme quoi, au moment où certains élus semblent vouloir remettre en question l’utilité des communautés d’agglomération, on peut trouver du bon dans l’intercommunalité. A cet effet, Charly Sahaï, maître de cérémonie, rappelle que « le congrès a évoqué la suppression d l’intercommunalité mais au final c’est une redéfinition de la carte qui a été adoptée ». Et d’ajouter : « La communauté d’agglomération du Nord Grande-Terre est dans ses compétences lorsqu’elle fait l’acquisition du foncier de Rodrigue : l’aménagement et le développement économique. »

LA GAUCHE UNIE COMME AU BON VIEUX TEMPS


Dans cette salle, un peu étroite, on pouvait y avoir les représentants des quatre principaux partis de gauche de l’archipel : le Parti communiste guadeloupéen (PCG) représenté par Christian Céleste, le Parti progressiste et démocratique de la Guadeloupe (PPDG) représenté par Marlène Bernard, la fédération guadeloupéenne du Parti socialiste (PS) représenté par Jacques Marie-Claire (ancien adversaire de Victor Arthein) et Edouard Chalus et la France insoumise (LFI), représentée par Michel Tola et Catherine Aubry, la mère de Manon, candidate de tête liste aux Européennes de 2019. Un rassemblement de gauche, comme au bon vieux temps et c’est là, l’autre motif de fierté du maire de Port-Louis. C’est si rare, de pouvoir rassembler ces forces autour d’un même projet électoral.

DES CHIFFRES POUR LE DIRE

Désormais, il va falloir repartir au combat face à deux adversaires, Bernard Cerci et le conseiller régional et chef de file de l’opposition au conseil municipal, Jean-Marie Hubert, qui ne lui feront aucun cadeau. D’ailleurs, ce dernier a publié un message dans la lettre d’information de son groupe politique 2 Mo 4 Pawol. Il dénonce une tromperie de la part du maire-candidat. Mais Victor Arthein ne semble guère s’en émouvoir. « Chif pa ka manti », plaît-il à dire.
Et pour en apporter la preuve, il brandit un autre chiffre, celui de la population au dernier recensement : 5 704 habitants. C’est 58 administrés de plus que le précédent décompte (+0,3 %). C’est peu, mais c’est une satisfaction dans un contexte de baisse générale de la population de la Guadeloupe, (-0,7 %). Selon le maire-candidat, ces chiffres sont « les signes d’une reprise et d’un regain d’attractivité ».

UNE ÉQUIPE SOUDÉE

Par conséquent, il n’est pas question de s’arrêter en si bon chemin. Durant la mandature qui s’achève, il a pu compter sur une majorité municipale soudée, qui n’a souffert d’aucune désaffection. C’est un autre motif de fierté. Il s’est révélé un bon manager. Il conduira donc une liste qui « s’articulera autour de quelques principes ».
A savoir : l’unité et le consensus avec des représentants des quatre partis présents à cette déclaration de candidature ;
– la proximité et la modestie, qui permettent de « rester accessible, simple, ouvert et à l’écoute » ;
– la rigueur pour compenser la baisse des dotations de l’État aux collectivités ;
– la détermination et l’audace, moteurs de l’esprit d’innovation.
« Nous devons garder le cap de la rigueur budgétaire et financière. Nous nous efforcerons à travailler en lien et en synergie avec l’ensemble des institutions publiques et privées présentes en Guadeloupe. De notre côté, nous devons mettre l’imagination au pouvoir »

UN PROGRAMME AMBITIEUX

En attendant, le programme de la liste Ansanm pou Pòlwi, compte quatre priorités : l’aménagement de l’anse du Souffleur, dans le cadre du projet Océan, afin de tirer profit au maximum de sa fréquentation, la valorisation du front de mer du bourg dont le potentiel n’est plus à démontrer, le port et le stade. (Cliquez pour écouter) Un vaste programme qui devrait s’étaler sur plus d’une mandature puisque certains projets étaient déjà annoncés durant la campagne de 2014 de Victor Arthein. Cette fois-ci, avec des finances plus saines, les choses pourraient avancer plus vite, mais le maire en est conscient : « la situation reste fragile ».

POUR EN SAVOIR PLUS
• Avis de la Chambre régionale des comptes
• Facebook Ansanm pou Pòlwi

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