Thierry Panol a proposé une liste d’union à Élie Califer

Thierry Panol
Elie Califer aurait pu être à la tête d’une liste d’union des Saint-Claudiens aux élections municipales et communautaires de mars 2020. Thierry Panol, son unique adversaire, le lui a proposé en lui soumettant l’idée de constituer une liste comprenant 20 personnes de l’équipe municipale sortante qu’il viendrait compléter avec 13 autres de son groupe. C’est la révélation qu’il a faite samedi dernier (15 février 2020) au Green House, villa cossue du quartier de Belfond, où il a présenté sa liste pour ces élections.

UNE OFFRE MORTE DANS L’ŒUF

Son idée consistait à participer à une équipe d’union municipale dans laquelle il aurait pu porter sa pierre à la construction de la ville de Saint-Claude, notamment dans ses domaines de prédilection : l’insertion et le social. Mais le maire n’a pas répondu favorablement à son offre.
Du côté d’Elie Califer, l’information n’est pas démentie sauf que les chiffres sont différents selon son directeur de campagne, Jean-Claude Dermonsir. « C’est moi qui ai été à l’entretien que m’avait proposé Mme Yvelise Boisset, sans qu’elle m’en donne la nature. Il nous a été proposé 17 élus contre 16, ce qui n’était pas acceptable. J’ai eu le sentiment qu’on nous tendait un piège. Cela m’avait mis hors de moi venant de quelqu’un qui n’a participé à aucune manifestation à Saint-Claude. » Et cela peut se comprendre. Avec un siège de plus qu’un éventuel partenaire, l’équipe du maire sortant se trouverait forcément fragilisée alors qu’elle a obtenu 30 sièges en 2014.

THIERRY PANOL DÉNONCE LA DÉVOTION DU MAIRE POUR LA SEMSAMAR

Le deal n’ayant pas pris, Thierry Panol se sent tout à fait autorisé à dénoncer la manière dont Elie Califer dirige la commune, qui, selon lui, n’est pas si bien gérée que cela. Il dénonce notamment une certaine dévotion du maire pour la Semsamar : « Cela fait maintenant 18 années que la municipalité sortante a décidé, pour soi-disant développer et bien gérer financièrement notre commune, qu’il convenait d’exproprier des terrains et des immeubles appartenant à des Saint-Claudiens. »
Ces expropriations profitent selon lui à la Semsamar, qui « en servant de banque aux collectivités multiplie par 4 au minimum le coût de tous les travaux qui lui sont confiées ». Et d’insister : « Depuis donc 2003, notre commune, qui n’a pas les moyens de financer ses opérations dites de développement, vit à crédit. La Semsamar paie tout d’abord et les Saint-Claudiens remboursent ensuite par des loyers exorbitants. Voilà l’astuce enrichissante pour certains du soi-disant développement qui n’est rien d’autre que de l’endettement financier qui est et sera supporté durant de nombreuses années par les contribuables que nous sommes. »
Pour illustrer ses propos, il fait remarquer que « la taxe foncière a augmenté de 2,18 %, que le nombre d’habitants a diminué, que le nombre de chômeurs est passé de 940 en 2003 à 2 141 en 2019, que les constructions privées sont en chute libre et que tous les marqueurs du développement communal sont négatifs. »

L’ÉQUIPE CALIFER PARIE SUR L’AVENIR


 
Evidemment, la vision des choses est bien différente du côté de l’équipe sortante. Jean-Claude Dermonsir explique que « sur cette partie, c’est ce qui se fait avec toutes les SEM, un peu partout. On signe un bail avec la Sem et on l’autorise à exploiter la construction pendant un certain temps. A l’échéance du bail, les biens doivent être restitués à la ville en bon état. Les délais sont longs, on ne sera peut-être plus là, mais est-ce qu’on construit une ville pour soi ?
Ce que nous faisons, c’est pour les générations futures. Nous n’allons pas en récolter les fruits. Quand on plante un manguier près de son domicile, ce n’est pas forcément pour soi. On a construit un espace avec la Semsamar, qui l’exploite, mais on n’a rien investi. Le foncier nous appartient. Ce sont les Sem qui construisent, pas la ville. Au contraire, la ville fait de l’épargne par rapport à cela. Au terme du bail, la ville récupère le bien pour l’exploiter ou le vendre. Si Saint-Claude apparaît comme une des villes les mieux gérées, c’est qu’il n’y a pas à redire sur sa gestion. Au lieu d’aller faire un prêt, nous avons préféré procéder de la sorte, ainsi 35 ans après, 50 ans après, les Saint-Claudiens en bénéficieront.

PRIORITÉ À LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE POUR L’ÉQUIPE SORTANTE

« A l’époque, des routes ont été construites en fonction des besoins de l’époque et on ne peut pas déloger les gens qui ont construit en bordure de ces routes. Aujourd’hui, nous avons une vision beaucoup plus large et on demande aux gens de construire à 7 mètres de la route. Si MM. Nainsouta et Tamas y avaient pensé, la commune serait moins enclavée. La politique n’est pas un jeu où l’on s’amuse à dire du mal de l’autre. La politique, c’est construire un pays pour les générations futures. Je ne comprends pas qu’on puisse dire qu’on a la meilleure solution. La solution doit être mûrie par un ensemble de personnes de manière à sortir un produit qui soit profitable à tous, même s’il ne correspond pas forcément à la pensée de tout un chacun. On est toujours dans une démarche de démocratie participative. D’ailleurs, les ti-kozé que nous faisons consistent à aller collecter dans chaque quartier la pensée des administrés pour en faire un projet. »

DES STRATÉGIES DE COMMUNICATION DIFFÉRENTES

Thierry Panol reproche aussi au maire d’avoir refusé les débats tant à la télévision que dans la ville, face à la population. Et pour cause, l’équipe Califer a une autre stratégie et c’est son droit. Jean-Caude Dermonsir s’en explique. « Nous préférons aller à la rencontre de la population pour échanger sur leurs besoins, plutôt que d’aller dans les débats télévisés que nous ne maîtrisons pas. C’est pour cela que nous avons pris du recul. »
Il l’a signifié par voie de communiqué de presse aux médias le 13 février. En réalité, Elie Califer a souhaité jouer la prudence en raison des relations personnelles qu’entretient Thierry Panol avec Yvelise Boisset, présentatrice des débats sur les élections municipales à Canal 10 et Albert Nangis, journaliste à Guadeloupe la 1ère, membre de sa liste aux élections.

UN PROGRAMME SOCIAL ET ÉCOLO

Par conséquent, n’ayant pas la possibilité d’affronter le maire sortant directement, il continue à faire passer ses messages par vidéos interposées, comme récemment sur le stade municipal, où s’adressant à la population pour exposer sa vision.
Les actions sociales sont au cœur de son action mais il a aussi d’autres idées : le non-cumul de mandat, un management humain et moderne, la valorisation économique du volcan de la Soufrière et des autres sites naturels, la mise en place de circuits éco-habitat, le développement de l’éco-tourisme thermale, la création d’une école de santé thermale, d’un centre de formalités diverses et d’un parc d’activités sportives et de loisirs sécurisés, la mise en place d’un plan de développement des sports en pleine nature, la création d’un fond d’aide, la redéfinition du plan local d’urbanisme, la diminution, voire l’exonération, des taxes foncières sur les parcelles inconstructibles, entre autres.


Un public d’environ 150 personnes avait fait le déplacement pour assister à la présentation de la liste de Thierry Panol.

1 Commentaire

  1. Esprit jeune et humanisme. Qualités principales de Thierry Panol. Ces deux qualités (rares) sont les fondations pour le bien de tous dans une commune.

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