Patrice Luce mis hors course finalement

Patrice Luce
La liste de Patrice Luce ne participera finalement pas aux élections municipales au Gosier. Malgré les conclusions du rapporteur public, Brigitte Pater, demandant l’annulation de la décision du préfet et la très belle plaidoirie de son avocat Me Joël Sylvestre, le tribunal administratif a rejeté son recours. Il l’avait introduit contre le refus du préfet de lui délivrer son récépissé de dépôt de liste, au motif qu’il est inéligible en raison de sa situation professionnelle, selon l’article L. 231 du code électoral.
Les débats ont eu lieu ce samedi matin (29 février 2020) et alors que le président avait annoncé qu’il rendrait sa décision dans les trois jours, celle-ci a été prise beaucoup plus rapidement que prévu, dès la fin de la journée de samedi.

IL NE FALLAIT PAS SE RIDICULISER

La démonstration faite d’abord par le rapporteur public, puis par l’avocat du requérant autour de l’article L. 265 du code électoral n’a visiblement pas convaincu les juges. A moins que ces derniers n’aient pas voulu se ridiculiser en prenant une décision contraire à celle qu’ils avaient prises deux jours plus tôt dans une affaire similaire ; celle ayant conduit à l’invalidation de la liste du maire de La Désirade, Jean-Claude Pioche.
Ils ont préféré se ranger du côté du préfet, dont le représentant à la barre du tribunal, Mme Lequeux, avait expliqué qu’une annulation de la décision préfectorale n’allait pas dans le sens de la jurisprudence autour de l’article L. 231 et que les élections risquaient tout de même d’être annulées si Patrice Luce devait y participer, eu égard à sa profession de policier.

PAS DE PLAN B POUR PATRICE LUCE

Si Jean-Claude Pioche avait pu in extrémis, présenter un plan B, en l’occurrence une nouvelle liste conduite par Loïc Tonton, Patrice Luce, lui, n’aura pas cette chance – l’enregistrement des listes est terminée — et tout le travail qu’il a réalisé sur le terrain depuis plusieurs mois aura finalement été inutile. Désormais, il faut bien s’en rendre compte, le préfet, tout puissant, ne laissera rien passer. Et, même quand on aura la conviction d’être dans son bon droit, comme semblaient l’être le requérant et son avocat, il faudra tout mettre en œuvre pour ne laisser aucune faille.
L’ancien maire de Pointe-à-Pitre, Jacques Bangou l’a appris à ses dépens au point qu’il a dû démissionner pour éviter la révocation. L’ancien président de la Chambre de métiers et de l’artisanat, Simon Vainqueur, s’est également confronté à lui. D’ailleurs le bras de fer n’est pas terminé entre les deux hommes.

NE JAMAIS PRÊTER LE FLANC À CE PRÉFET

Dans ces conditions on ne donne pas cher de la peau de l’artisan. Tout comme on peut imaginer que si Jacques Bangou est réélu à Pointe-à-Pitre, il risquerait d’être de nouveau confronté au représentant de l’État. D’autant plus que la situation financière de Pointe-à-Pitre n’a guère évolué depuis l’arrivée du nouveau maire, Josiane Gatibelza, qui a décidé de quitter la mairie au lendemain de ces élections municipales.
Bien qu’étant hors du jeu des Municipales, Patrice Luce ne compte cependant pas resté inactif sur le plan politique au Gosier. Et qui sait, il se préparera pour d’autres échéances électorales en prenant toutes les précautions nécessaires à l’enregistrement de sa candidature sans qu’il y ait une quelconque contestation possible. En attendant, c’est la grosse déception dans son camp et le nombre de listes en course restera à 143 dans l’ensemble de l’archipel, dont 10 au Gosier et pas une de plus.

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