Pas de second tour en pleine période cyclonique

élections en période cyclonique
Le gouvernement doit remettre au Parlement son rapport concernant l’organisation du second tour des élections municipales demain (vendredi 22 mai 2020), voire après-demain. Mais on sait d’ores et déjà que cette date ne sera pas fixée dans la partie la plus active de la période cyclonique, c’est-à-dire au mois de septembre. C’est sûr, depuis la réunion que le Premier ministre a tenu, mercredi soir, avec les chefs de partis. Certes, Edouard Philippe n’a pas évoqué ce paramètre météorologique qui ne concerne que les régions des Antilles, mais son annonce va sans doute réjouir ceux qui craignaient que ces élections municipales soient programmées à cette période. L’argument du gouvernement concernant le rejet des dates, un temps envisagé, du 27 septembre et du 4 octobre, pour organiser ces élections repose sur deux éléments plus généraux : la rentrée scolaire et le calendrier parlementaire, qui seraient incompatibles avec le déroulement d’une campagne électorale.

JANVIER 2021 : NOUVELLE DATE ENVISAGÉE

Est-ce à dire que c’est la date du 28 juin 2020 qui sera retenue ? Rien n’est moins sûr, puisque le Premier ministre a exprimé la possibilité d’organiser ces élections au mois de janvier 2021. C’est une nouvelle date apportée au débat. Elle se rapproche de celle de mars 2021, que certains élus et représentants de partis ont eu à évoquer et à proposer, en sachant que dans le même temps les élections départementales et régionales sont programmées.
Voilà qui montre en tout cas que le choix de cette date du second tour est plus que jamais un casse-tête pour le gouvernement, qui devra bien trancher, un jour, malgré tout.
Plusieurs sondages montrent que les Français sont majoritairement opposés à l’organisation du second tour au mois de juin, ce qui fait craindre un taux d’abstention aussi important que lors du premier tour du 15 mars 2020.
Et, même si le conseil scientifique a donné un avis favorable pour une programmation à la fin de ce mois de juin 2020, c’est avec énormément de réserves, qui invitent à une réflexion profonde. Car, il est hors de question de se prendre une nouvelle fois le pied dans le tapis.

28 JUIN 2020 : BIEN PESER LE POUR ET LE CONTRE

La crise sanitaire est encore active et l’état d’urgence est prolongé jusqu’au 10 juillet 2020. C’est un argument non négligeable là aussi.
Par ailleurs, parmi les 5 000 communes de France dont le premier tour n’a pas été conclusif, il y a celle dans laquelle le Premier ministre est candidat, Le Havre. Certes, Edouard Philippe est arrivé en tête avec 43,6 % des voix, 3 152 de plus que son principal adversaire, Jean-Paul Lecoq (35,88 %), mais il va devoir mener campagne. Dans quelles conditions pourrait-il mener de front la gestion d’une crise sanitaire de cette ampleur et une campagne électorale à forts enjeux pour son avenir politique personnel ? La question reste sans réponse pour l’instant. En tout cas, elle ne semble pas plaider pour le choix de cette date du 28 juin 2020. Il faudra bien peser le pour et le contre. Or, malheureusement, le pour ne prend pas franchement le pas sur le contre. Et c’est sans doute, ce qui explique cette valse-hésitation, alors que généralement le gouvernement avait, jusqu’ici, pris l’habitude de trancher dans le vif.
Rappelons qu’en Guadeloupe, vingt communes sont toujours concernées par l’organisation de ce second tour.

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