José Toribio en forme électorale

José Toribio candidat aux municipales 2020
Debout pendant une heure et demie. Argumentant ses attaques contre la gestion de son successeur à la mairie de Lamentin. Développant son projet municipal en détail. José Toribio est en forme électorale, en cette fin de journée d’hier (samedi 8 février 2020) à l’occasion de sa déclaration officielle de candidature aux élections municipales et communautaires à Lamentin, en présence de son successeur à la tête du Parti socialiste guadeloupéen, Mehdy Keïta. Il a donné rendez-vous à ses supporters et à la population pour montrer qu’il a retrouvé sa flamme après plus d’une année de soins à Paris. Devant environ trois cents personnes, il fait un large tour d’horizon de sa vision du développement de la commune, de l’agglomération du Nord Basse-Terre et de la Guadeloupe.
 

Environ 300 personnes ont assisté à la manifestation dont trois candidats (Jocelyne Virolan du Gosier, Engebert Valluet de Deshaies et Daniel Cimon de Sainte-Rose), le représentant de La France Insoumise (Michel Tola).
 
Dans un discours très structuré, il commence par poser le contexte de ces élections, qui fait que la question de la répartition des richesses est la piste politique à suivre pour la Guadeloupe. Pour étayer ses propos, il s’appuie sur trois constats : la densité de la population sur la base de laquelle il remet en question le mode d’habiter des Guadeloupéens ; les ressources financières qui font qu’au classement des départements les plus riches de France, la Guadeloupe, est 97e sur 100 ; le taux de pauvreté qui, du coup, place notre archipel dans le peloton de tête. Et pour mettre en place cette politique de partage des richesses, il ne voit que l’idéologie de gauche pour le faire, considérant que la droite, assimilée à « la conservation », voire à « la congélation », selon son propre terme, ne prendra pas ce chemin-là. (Cliquez pour écouter)

HARO SUR LE PRÉFET ET LE PRÉSIDENT DE RÉGION !

Tout cela pour réaffirmer avec force ses convictions de gauche et annoncer qu’il combattra sans relâche la politique de la République en marche et tous ceux qui la soutiendront. Une annonce qu’il réitéra à la fin de son allocution. (Cliquez pour écouter)
Au cours de cette intervention, il ouvre une longue parenthèse pour fustiger le comportement du préfet qui a, selon lui, outrepassé ses droits dans le dossier de demande de révocation de Jacques Bangou et pour déplorer la faiblesse de la réaction du président de Région devant le comportement du service de sécurité de la conférence internationale sur les sargasses, au mois d’octobre 2019. (Cliquez pour écouter)
Cette sortie oratoire est destinée à mieux justifier sa candidature. « Il faut des hommes et des femmes de tempérament pour défendre les intérêts de la Guadeloupe et ça justifie donc notre candidature », a-t-il ajouté, avant de préciser les principes sur lesquels celle-ci repose et l’engagement de son équipe à travailler pour améliorer le quotidien des Lamentinois.

LES FINANCES COMMUNALES

Ces principes sont arcboutés sur des méthodes. La première, c’est le partenariat avec le personnel communal, les entreprises, les institutions ou encore la communauté d’agglomération… La deuxième, c’est celle de la vérité. « Depuis six ans, nous vivons sous le règne du mensonge et des promesses non tenues ». (Cliquez pour écouter)
La troisième méthode consiste à se fixer des objectifs. Le premier sera de remettre de l’ordre dans les services municipaux et prioritairement dans les finances communales. Tout un chapitre sur lequel il s’attarde, lui qui a laissé la commune avec des comptes affichant un excédent de plus de 10 millions d’euros, alors qu’elle se retrouve aujourd’hui avec un déficit de plus de 21 millions d’euros. Ce sera un de ses chevaux de bataille au cours de cette campagne, tout comme un autre ancien maire, Reinette Juliard, qui, voici deux semaines, dénonçait, elle aussi, cette dérive financière. Les deux candidats semblent avoir la même cible : Jocelyn Sapotille, celui qui, selon José Toribio, a « tué la comptabilité de la commune » (Cliquez pour écouter)

POUR UNE VILLE EDUCATIVE ET CULTURELLE

Dans la foulée, José Toribio détaille son programme. Il souhaite que Lamentin redevienne une ville éducative et culturelle. Et d’annoncer, sa volonté de :
– reprendre le dossier de l’école de Castel-Caillou, dont il affirme avoir réglé le problème de l’assise foncière et dont le financement est assuré à 80 % par l’État, mais qui n’a jamais vu le jour en six ans ;
– réhabiliter le stade pour éviter que les footballeurs aillent jouer aux Abymes contre une contribution pour l’éclairage, qui rogne sur les maigres subventions qu’ils reçoivent ;
– reprendre les travaux des vestiaires à La Rosière, qui n’ont pas été faits en six ans, alors que le terrain lui-même était terminé ;
– construire un plateau sportif dans chaque section ;
– ajouter à l’école de musique, qu’il a fait construire à l’époque sur « une idée citoyenne de Guy Toribio », une école de danse, une école de théâtre et une école d’arts plastiques, dans le même bâtiment.

« ET ÇA SE PRETEND SOCIALISTE ! »

José Toribio promet aussi de faire de Lamentin une ville d’environnement, au sens large, en veillant au bon entretien des trottoirs, en développant l’éclairage solaire, en reprenant le contrat de rivières qui avait été mis en place afin d’assurer le nettoyage des cours d’eau, en œuvrant à la réintroduction des animaux (tilapia, écrevisses…) dans ces rivières, en animant les quartiers avec des gens venus de l’extérieur dans le cadre de la coopération avec la Caraïbe, qui sera reprise…
José Toribio veut aussi récupérer la maison Dagonia qui avait été achetée 660 000 euros après estimation du service des domaines et qui a été revendue 335 000 euros par le maire sortant. Et de s’interroger : « Où est passée la différence ? ». Même incompréhension concernant la revente des 8 000 mètres carrés de terrain qu’il avait négociés gratuitement en faveur de la commune au moment de signer l’arrêté de lotissement de Bellevue-Montalègre. Remonté aussi contre l’implantation d’un commerce dans la cour de l’école de La Rosière, il qualifie Jocelyn Sapotille de « liquidateur » et accuse : « Et ça se prétend socialiste ! » (Cliquez pour écouter)

DES PROMESSES À PROFUSION…


José Toribio a présenté sa relève : Sarah, 22 ans, titulaire d’une licence en banque et Benjamin, 25 ans, titulaire d’un master en sciences politiques. Mais ce ne sera pas pour tout de suite. Ils doivent encore apprendre.

Sur le plan social, il a aussi des propositions à faire concernant les personnes âgées qui vont reprendre leurs voyages dans la Caraïbe, bénéficier des cours d’informatique et de langues étrangères, d’initiation aux arts plastique, à la musique etc., en partenariat avec le club du troisième âge. (Cliquez pour écouter) La maison de la solidarité sera aussi créée et sera installée à la maison Dagonia, « parce que je la reprendrai », insiste-t-il.
S’agissant des jeunes, il promet de réévaluer le Revenu étudiant lamentinois (REL) qu’il avait mis en place mais qui, depuis a vu son montant diminué, en devenant la Bourse d’étudiant lamentinois (BEL). « On reviendra à l’ancien nom, REL, et là ça va augmenter ! ». De surcroit, la commune se portera garant pour les deux mois de caution exigés quand on prend un loyer. Il financera aussi les voyages d’études, etc. etc. (Cliquez pour écouter)
Autre volet sur lequel José Toribio compte s’arrêter : l’aménagement équilibré du territoire entre l’ouest, bien développé en matière d’habitat, et l’est, moins bien loti. Il prévoit notamment de réfléchir à des routes transversales pour faciliter la circulation et de développer un programme de logement en accession à la propriété. L’opération de résorption de l’habitat insalubre de Caféière, dont les plans sont faits depuis 2008, mais qui a été abandonné, en raison d’une facture de 4 millions que réclame la Semag et que la commune refuse de payer.

…EN ATTENDANT LA PLANCHE À BILLETS

Ce ne sont pas les projets qui manquent donc à José Toribio mais quid du financement dans une commune au bord de la banqueroute et dont le fleuron, le centre thermal de Ravine chaude, risque de fermer en raison d’un problème de revêtement des bassins. José Toribio rappelle que le projet tel qu’il l’avait imaginé aurait tenu la route.
Alors comment compte-t-il faire tout cela ? La réponse est à venir mais il a une phrase pour rassurer les électeurs : « Je n’ai pas une planche à billets, mais une planche à idées ». Pas sûr que cela suffise.
Bien entendu, José Toribio ne manque pas de faire un point sur son état de santé. Et à voir l’intonation de sa voix, il semble avoir pleinement récupéré de ses quinze mois de soins. (Cliquez pour écouter). Les mauvaises langues diront que s’il s’agissait de l’arrivée d’une étape du Tour cycliste, il aurait été conduit tout droit au chapiteau du contrôle antidoping.


Un p’tit café, un verre d’eau, un mouchoir, une oreille attentive… José Toribio n’a manqué de rien durant toute sa cérémonie de déclaration de candidature.

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