Joël Lobeau dans la spirale des échecs

Joël Lobeau
Joël Lobeau avait tenté de promouvoir la candidature de Bernard Guillaume comme tête de liste socialiste à Basse-Terre, il avait échoué. Ensuite, il s’est positionné en faveur de Jules Bébel au détriment d’André Atallah, mais finalement c’est bien à ce dernier que l’investiture socialiste est revenue. La décision a été officialisée dès le 15 septembre 2019, à l’occasion de la convention de la fédération guadeloupéenne du Parti socialiste.
Dès lors on pouvait raisonnablement penser que tous les Socialistes de Basse-Terre allaient se ranger derrière le chef de file du principal groupe d’opposition au conseil municipal, B@tir, depuis les élections de 2014. Mais, c’était sans compter la ténacité de l’ancien responsable de la section socialiste de Basse-Terre. Il revenait, en effet, à la charge début décembre, avec un communiqué laissant entrevoir son désir de prendre lui-même la tête d’une liste. Toujours dans l’intention de contester le leadership d’André Atallah. Finalement, il y renonçait.

JOËL LOBEAU S’ENTÊTE EN VAIN

Tenace, le vendredi 10 janvier 2020, la veille de la déclaration officielle de candidature d’André Atallah, il lançait sur les réseaux sociaux, une invitation à tous les candidats des oppositions de Basse-Terre, pour participer à un débat une semaine plus tard, le 17 janvier, afin de tenter d’aboutir à une liste d’union. À deux mois des élections, après que les candidats ont fait leur déclaration et ont commencé leur travail de terrain, cette initiative avait toutes les chances d’échouer.
Très peu y ont d’ailleurs participé. Il n’a été noté que la présence de Brigitte Rodes, étant entendu que Jules Bébel, a déjà renoncé à aller seul aux élections et a rejoint la conseillère départementale.
Henriette Solignac non plus n’était pas présente mais elle s’était fait représenter par son directeur de campagne. Sonia Pétro et André Atallah, n’avait pas jugé bon de répondre à cette invitation faite via les réseaux sociaux.

ANDRÉ ATALLAH PLAIDE TOUJOURS POUR UNE LARGE UNION

Le jour même de la réunion, le président de B@tir avait publié un communiqué dans lequel il annonçait son absence à cette réunion et s’en expliquait : « Comme je l’ai bien « martelé » lors de ma déclaration de candidature, je continuerai sans relâche à travailler cette union. Idéalement, je le pense très fort, une large union dès le premier tour est la meilleure solution permettant une victoire salvatrice pour notre chef-lieu.
Si, avec certains candidats, cette union ne se fait pas au premier tour, la porte reste ouverte pour un éventuel deuxième tour. Reste à travailler en amont les conditions de cette union du deuxième tour : désistement républicain en faveur de la liste d’opposition arrivée en première position, ou présentation d’une nouvelle liste avec fusion de celles ayant obtenus plus de 10 % des voix.»

HENRIETTE SOLIGNAC ÉTOFFE SON ÉQUIPE

Pour l’instant, on ne prend pas la voie de cette large union, même si Joël Lobeau continue son lobbying.
Henriette Solignac n’est, comme tout le monde, pas opposée à l’union mais pour elle c’est clair : « Le temps des sacrifices est terminé ». Elle fait ainsi référence à ce qu’elle a dû subir en 2015, à l’occasion des élections législatives avec le même Joël Lobeau qui l’a sacrifié au profit de Brigitte Rodes, alors qu’elle était conseillère départementale sortante.
Elle continue donc avec son groupe Basse-Terre Alternative à préparer sa campagne et son équipe semble s’étoffer avec quelques colistiers qui attisent les convoitises, à l’image de Jean-Claude Lascar, qui a été premier adjoint au maire à Basse-Terre et qui est considéré comme l’élément clé du dispositif.

BRIGITTE RODES N’A QU’UN SEUL ADVERSAIRE

Pour sa part, Brigitte Rodes dit n’avoir « qu’un seul adversaire, c’est la mort de Base-Terre. Elle est là devant moi. Or, je veux la vie. Je veux combattre la mort de Basse-Terre, non seulement au premier tour mais aussi au deuxième. J’espère qu’elle sera sortie dès le 15 mars mais si elle ne l’est pas et que c’est une autre liste que la mienne qui l’affronte, d’une manière ou d’une autre je vais m’impliquer. Je ne me trompe pas de cible. Je ne veux pas que les concurrents soient des adversaires, pas du tout. » Son objectif est, en effet, de tourner la page de la décennie désastreuse de Basse-Terre, tant en terme d’image que de gestion.
« 2020, c’est l’année du sursaut basse-terrien : soit on se relève, soit on reste couché. C’est une superbe opportunité pour Basse-Terre de vraiment marquer le changement et de passer des feux rouges, aux feux verts.

SONIA PÉTRO CONTINUE LE TRAVAIL DE TERRAIN

Brigitte Rodes continue malgré tout d’avoir les contacts notamment avec Sonia Pétro, mais le fait que celle-ci soit chef de parti semble compliquer les transactions. Difficile, en effet, pour la présidente des Républicains de Guadeloupe, de venir derrière quelqu’un. Ce serait prendre le risque de creuser la tombe de son parti, voire d’elle-même. S’il y a donc une union de dernière minute (même a minima), ce serait donc derrière Sonia Pétro, qui ne semble guère gênée qu’il y ait autant de candidats. « Je comprends les postures de chaque candidat. J’estime que tout un chacun est légitime pour se présenter à ces élections. Je ne crois pas que cela favorise du tout le maire sortant. Je continue le travail de terrain. »

JAMAIS SANS MA MAMAN

Le terrain, c’est doute la clé de ces élections plus que tout autre considération. « Les élections, c’est une question de proximité. La politique, c’est créer du lien, c’est communiquer. Qui va voter pour un maire qui n’est pas populaire ? », s’interroge Brigitte Rodes.
Lucette Michaux-Chevry l’a sans doute bien compris, puisque c’est elle qu’on retrouve sur le terrain pour Marie-Luce Penchard, qui n’a pas hérité de sa mère cette popularité, même si on la voit danser de plus en plus en public. Dans le même temps, son équipe municipale s’affaiblit avec une succession de démissions. Après Léna Lestin, le mois dernier, c’est Aristide Nicolas qui a quitté le navire, ne souhaitant pas sans doute faire partie des naufragés d’un bateau ivre depuis si longtemps. A tel point que la capitaine du bateau voit en ce départ « une démission de circonstance ».
Pas inquiète donc, la maire de Basse-Terre. D’autant plus qu’elle peut toujours compter sur son mentor de maman, dont on se demande comment elle se retrouve encore dans cette campagne électorale, malgré ses multiples affaires de justice.

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