A vous de prendre parti !

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La campagne électorale officielle du premier tour des Municipales et Communautaires du 15 mars 2020, touche à sa fin. Rendez-vous politique majeur en raison des missions de proximité conférées aux futurs élus, elle a mis en branle pendant plusieurs mois, et surtout pendant les deux dernières semaines, les différents partis politiques de l’île, qui veulent tous se positionner par rapport aux échéances suivantes de 2021 : les Départementales et les Régionales. La bataille des partis est engagée pour savoir qui raflera le plus grand nombre de mairies. Les deux principales organisations : la Fédération guadeloupéenne du Parti socialiste (PS) et Guadeloupe unie solidaire et responsable ont posé leurs pions.

LE PS RATISSE LARGE

En déclarant 12 investitures et 12 soutiens, soit une présence dans 24 communes, le PS, qui compte déjà plusieurs maires en poste, veut renforcer sa position. Il veut notamment s’octroyer Saint-François. Cette volonté s’est traduite par son surprenant soutien à Laurent Bernier, qui s’est déclaré sans étiquette, après avoir longtemps cheminé avec la droite. Gagner Baie-Mahault, avec Sylvie Chammougon-Anno, et Terre-de-Haut, avec Hilaire Brudey, sont aussi deux objectifs majeurs.
Deux de ses plus difficiles combats restent tout de même la tentative de retour aux affaires à Vieux-Habitants avec Jules Otto, et la reconquête de Trois-Rivières, avec Hélène Vainqueur, qui joue gros face à Jean-Louis Francisque ; les deux étant sous la menace de Jimmy Fausta. C’est une bataille passionnante qui se livre dans ce champ de roches gravées.
Le PS doit également gérer quelques autres situations délicates, notamment à Sainte-Rose, avec Claudine Bajazet face à une armada d’adversaires dont d’anciens membres de sa majorité. Idem à Lamentin, avec Jocelyn Sapotille, en raison de la situation financière et un bilan difficilement lisible, que ses adversaires n’ont cessé de chahuter durant toute la campagne.

AMIS ET ALLIÉS DU PS

Le PS peut également compter sur ses alliés traditionnels ou de circonstance pour consolider certaines positions. Ce sont principalement le Parti progressiste et démocratique de la Guadeloupe (PPDG), La France insoumise (LFI), le Parti communiste guadeloupéen (PCG) ou le Comité d’initiative pour un projet politique alternatif (CIPPA).
Malgré tout, il a dû trancher dans le vif à Saint-François en privilégiant le maire sortant, Laurent Bernier, plutôt que d’avoir à choisir entre deux candidats issus du PPDG (Jean-Luc Périan et Sophie Péroumal-Sylvanise). Question de stratégie selon Hilaire Brudey, le premier secrétaire fédéral.

LE GUSR CONCENTRÉ SUR L’ESSENTIEL

Pour sa part, le GUSR, qui ne compte que deux mairies — Capesterre de Marie-Galante et Petit-Bourg — cherche également à renforcer sa position. Pour cela, il a investi 15 candidats et en soutient un. Un temps envisagé, le soutien du parti fondé par Dominique Larifla, ne s’est finalement pas concrétisé pour Justine Bénin, au Moule, face à Gabrielle Louis-Carabin. Pourtant, le GUSR aurait pu s’engouffrer dans la brèche laissée par l’état-major du PS qui n’a pas osé choisir entre ces deux géantes de l’échiquier politique guadeloupéen dans la perspective des Régionales de 2021.
De même, il n’a pas jugé bon d’investir, ni même de soutenir, Daniel Nicolas à Vieux-Habitants, qui se réclame pourtant de ce parti. Camille Elisabeth, à Pointe-Noire, et Jean-Marie Hubert à Port-Louis n’ont pas non plus bénéficié de ce soutien.
En se limitant à sa quinzaine d’investis, le GUSR réduit aussi ses chances mais autant garder ses forces pour les miser sur de potentiels vainqueurs ou sur des terrains occupés par leurs rivaux socialistes.

LA DROITE, AVEC LES MOYENS DU BORD

Du côté des autres partis, Croire en la Guadeloupe, n’a pas officiellement investi ses candidats mais beaucoup bénéficient de son soutien : Marie-Eugène Trobo-Thomaseau (Pointe-àPitre, Reinette Juliard (Lamentin), Pierre Uneau (Sainte-Rose), Yvan Martial (Le Gosier)…
Les Républicains, que préside Sonia Pétro, candidate à Basse-Terre, n’avaient pas les moyens de le faire compte tenu de la faiblesse de ses effectifs. Cependant, Christian Zozio (Baillif) se réclame de ce parti, tout en étant soutenu par la députée européenne Maxette Pirbakas-Grisoni, du Rassemblement national.
Cette dernière soutien également Fabienne Enjaric, à Lamentin, ancienne adhérente des Républicains, mais le parti de Marine Le Pen n’a pas été en mesure de présenter un candidat. Même son délégué départemental, Rody Tolassy n’a pas été en mesure de constituer une liste à Sainte-Rose. C’est dire la faiblesse de l’ancrage de l’ex-Front national.

LE PCG TOUJOURS LÀ

Pendant, ce temps le PCG peut encore survivre avec Victor Arthein à Port-Louis, tandis que Camille Edouard, à Capesterre Belle-Eau, et Jacques Kancel, à Sainte-Anne, tentent de relancer le parti de leur jeunesse, tout en ayant des listes d’ouverture.
Et puis, fidèle au rendez-vous, Combat ouvrier, est là, pour faire entendre la voix des travailleurs avec Jean-Marie Nomertin à Capesterre Belle-Eau et Danielle Diakok aux Abymes.
A chacun sa stratégie, à chacun ses moyens, à chacun ses objectifs mais les élections municipales et communautaires ne laissent pas les partis politiques indifférents.
Elles ne doivent pas non plus laisser sans réaction les 313 066 électeurs invités à choisir entre les 143 listes et 4 337 candidats engagés, en dépit des contraintes liées à la menace du coronavirus. Rendez-vous ce dimanche 15 mars 2020, pour faire le choix du coeur, de la conviction ou de l’intérêt personnel.

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