Fin de suspense pour les élus du 1er tour, l’attente pour les autres

Echarpe de maire

C’est demain (vendredi 15 mai 2020), que le gouvernement publiera le décret fixant la date d’entrée en fonction des conseillers municipaux élus du 1er tour des élections municipales, le 15 mars 2020. Le Premier ministre l’a annoncé mardi.

PLACE AUX INVESTITURES

Ainsi les douze communes de Guadeloupe qui n’ont pas eu besoin de deux tours pour faire leur choix, seront officiellement dotées de leur nouvelle équipe municipale, dès lundi (18 mai 2020). Ensuite, ces assemblées procéderont à l’investiture de leur maire et adjoints entre le samedi 23 et le jeudi 28 mai. Pour neuf des douze têtes de liste ayant remporté ce premier tour, ce ne sera pas une découverte, puisque déjà en fonction, depuis parfois plusieurs mandatures. Il s’agit de Gabrielle Louis-Carabin (Le Moule), Elie Califer (Saint-Claude), Eric Jalton (Les Abymes), Maryse Etzol (Grand-Bourg), Blaise Mornal (Petit-Canal), Guy Losbar (Petit-Bourg), Ferdy Louisy (Goyave), Thierry Abelli (Bouillante), Jocelyn Sapotille (Lamentin).
Pour Hélène Polifonte (Baie-Mahault) et Jean-Louis Francisque (Trois-Rivières), arrivés au pouvoir au cours de la dernière mandature, ce sera légèrement différent. Pour la première fois, ils vont vivre cet événement, après avoir conduit leur propre liste à la victoire, même si, dans le cas de Baie-Mahault, les électeurs ont eu droit à une liste bicéphale. La forte implication du président de Région, Ary Chalus, dans la campagne, au point d’avoir sa photo sur l’affiche électorale officielle, n’est pas passée inaperçue.

LE TEMPS DU TRIOMPHE POUR CAMILLE ÉLISABETH

Toutefois, la grande première sera pour Camille Élisabeth (Pointe-Noire). Il a été de tous les combats depuis plusieurs mandatures notamment face à l’ancien sénateur (2011-2017) et maire (2001-2013) Félix Desplan. Il a cumulé les défaites depuis 2008 mais a toujours joué son rôle d’opposant actif. Il est sorti de l’ombre en 2015, avec sa victoire aux élections départementales, en compagnie de son binôme, Jeanny Marc, le maire de Deshaies. Il n’arrive pas sans expérience aux affaires de la mairie, puisqu’il a été conseiller municipal de la majorité de 1983 à 1988, aux côtés de feu Marcel Esdras, puis huitième adjoint à la mort de ce dernier. Jusqu’en 2001, il a été troisième, puis quatrième adjoint de Claude Guillaume. Désormais, il savoure cette victoire de sa propre équipe face à Christian Jean-Charles. Ce dernier a dû assurer « l’intérim » depuis le confinement et cédera son fauteuil de maire définitivement d’ici à quelques jours. Tel un athlète de demi-fond, Camille Elisabeth, ancien professeur d’éducation physique et sportive, premier entraîneur de Marie-José Pérec et ancien président de la ligue d’athlétisme, a su attendre son heure, avant de triompher.

EN ATTENDANT LES RECOURS

Malgré tout, ces cérémonies d’investiture ne devraient pas avoir le faste de celles des années précédentes, en raison de la crise sanitaire dû au coronavirus et à l’état d’urgence en vigueur jusqu’au 10 juillet. Par ailleurs, une partie de la population pourra toujours considérer que les listes vainqueurs du premier tour n’ont pas une réelle légitimité compte tenu de la forte abstention (53 %) qui a été enregistrée le 15 mars. Certaines de ces listes n’ont même pas atteint le quart d’inscrits. C’est le cas à Baie-Mahault, à Lamentin et à Petit-Bourg où les listes conduites par Mme Polifonte, M. Sapotille et M. Losbar, ont été élues respectivement avec 19,52 %, 22,02 %, 22,87 ‰ des électeurs inscrits.
Autre élément à rappeler : plusieurs recours en annulation de ces élections ont d’ores et déjà été enregistrés par le tribunal administratif et il n’est pas dit qu’il n’y en aura pas d’autres, puisqu’ils peuvent être déposés jusqu’à cinq jours après l’installation des conseils municipaux. Pour l’heure, ces élections conclusives du premier tour sont contestées à Lamentin, à Baie-Mahault, à Petit-Bourg, à Goyave et aux Abymes.

SECOND TOUR : TOUJOURS L’INCERTITUDE

Ces premières installations vont dans la logique du déconfinement et l’organisation du second tour au mois de juin commence à être envisagée. Selon l’édition d’hier du journal Le Parisien, le Premier ministre y serait favorable. Certains leaders de partis seraient également de cet avis. C’est le cas de Christian Jacob, le président des Républicains, qui a déclaré, mardi, sur France Inter : « Si on est capables d’ouvrir les écoles, les collèges, les lycées, les commerces, je ne vois pas au nom de quoi le deuxième tour ne pourrait pas se tenir en juin ».
Mieux, le Premier ministre vient de déclarer ce jeudi (14 mai 2020), que la réouverture des bars et restaurants peut être programmée pour le 2 juin, dans les départements verts. Cette indication montre une volonté du gouvernement d’aller vite. A condition bien sûr que la population continue à appliquer les gestes barrières et à contribuer à l’éradication du coronavirus.
Rappelons que fin mars, la date du 21 juin avait été avancée avant qu’un report au 27 septembre (pour un nouveau premier tour) et au 4 octobre (pour le second tour) soit annoncé. Un projet de loi aurait été officieusement déposé au Conseil d’État, selon l’édition du 3 mai 1020, du Journal du dimanche. On en saura plus d’ici au 23 mai après la remise d’un rapport du conseil scientifique, qui dira s’il est possible ou pas d’organiser ce second tour au mois de juin ou s’il est préférable de privilégier la programmation des deux tours dans quatre mois.

POUR EN SAVOIR PLUS
Voici le contenu du décret, qui, comme prévu, a bien été publié dans le Journal officiel de ce vendredi 15 mai 2020. Il confirme l’installation dès le lundi 18 mai, des conseils municipaux élus le 15 mars, à lors du premier tour des élections.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*