Le préfet va-t-il révoquer tous les maires ?

Alain Plaisir, président du Cippa
Par Alain PLAISIR.Le président du Comité d’initiative pour un projet politique alternatif (CIPPA) analyse les causes des difficultés des communes et dénonce l’attitude des services de l’État. Alain Plaisir est l’auteur de plusieurs ouvrages dont 2006-2016, du LKP à la Géothermie, dix ans de luttes.
« Après Pointe-à-Pitre, la capitale économique, qui connait un déficit monstrueux, c’est maintenant Basse-Terre la capitale administrative, qui est sur le feu des projecteurs.Et ces communes ne sont pas les seules, hélas ! Sur les 32 communes de la Guadeloupe, 25 sont en déficit. Les causes : elles sont de deux ordres.

DES CAUSES CONJONCTURELLES

Dans la plupart des cas, ces communes sont mal gérées.
En effet, la plupart des maires n’ont aucune compétence en matière de gestion administrative. Cette carence aurait pu être compensée par la mise en place d’une administration moderne et efficace, avec une proportion d’environ 20 % d’agents du cadre A, 30 % de cadre B et 50 % de cadre C. Malheureusement, les maires faisant du clientélisme préfèrent recruter dans leur clientèle électorale. Résultat beaucoup d’agents sont mal formés et ne sont pas d’un grand secours pour le chef d’édilité

UNE FISCALITE D’UN PAYS DU TIERS MONDE

L’étude de la répartition des recettes de fonctionnement des communes, dévoile, l’importance de la fiscalité indirecte (plus de 50 % de fonctionnement, contre moins de 5 % pour les communes de France).
Cette fiscalité indirecte, c’est surtout l’octroi de mer, qui représente jusqu’à 60 % de recettes pour certaines communes (les plus petites) et la Taxe spéciale sur la consommation des carburants (TSC).
Conçues au départ pour promouvoir le développement économique, celles-ci ont été détournées de leur objectif initial pour une politique sociale de recrutement.
Qu’il s’agisse de l’octroi de mer, vieille taxe coloniale qui était appelée à disparaitre en 1946 avec la loi de départementalisation, qui est utilisé pour pallier la faiblesse contributive des guadeloupéens et des entreprises guadeloupéennes.
Qu’il s’agisse de la Taxe spéciale sur les carburants, qui était à l’origine destinée à améliorer le réseau routier, qui actuellement est consacrée aux dépenses de personnel.
En résumé, la gestion municipale actuelle sert à pallier socialement, le mal développement de la Guadeloupe.
La marge de manœuvre du maire est extrêmement réduite, étant tenu par sa double dépendance : technique (personnel peu qualifié) et financière.
C’est ainsi que les maires ont abandonné leurs prérogatives économiques pour mener une politique sociale, qui en réalité ne résout aucun problème, notamment en matière économique, créatrice de richesses, donc d’emplois.
Tout cela sous l’œil amusé de l’État qui manie la carotte et le bâton (de plus en plus). »

2 Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*