Pourquoi Alain Plaisir ne sera pas aux Municipales

Alain Plaisir à la rentrée des Socialistes
Aux élections municipales de 2014, Alain Plaisir était en troisième position sur la liste Unité et progrès pour Gourbeyre, derrière Guy Suzin et Nicole Erdan. Cette année ces deux élus seront sur la liste Gourbeyre Horizon 2020, de Claude Edmond, qui a fait sa déclaration officielle de candidature, dimanche 1er décembre 2019. Raphaël Vignal, qui conduisait la liste Rassemblement pour Gourbeyre en 2014, l’a également rejoint. Ainsi, c’est une union générale des groupes d’opposition à la majorité municipale de Luc Adémar qui s’est constituée.

LES RÉGIONALES EN LIGNE DE MIRE

Compte tenu de l’implication d’Alain Plaisir dans la vie politique locale et de sa voix de plus en plus audible dans le concert des idées, tout le monde s’attendait à ce qu’il soit dans la bataille. Mais ce ne sera pas le cas. Le président du Comité d’initiative pour un projet politique alternatif (Cippa) fait l’impasse sur ce scrutin. Cela mérite donc une explication.
« Je n’ai pas encore pris ma décision, mais c’est sûr que je ne soutiens pas le maire. Il y a trois autres candidats têtes de liste. Il y en a un dont je serai plutôt proche mais il faut qu’il me convainque encore. Il faut qu’on discute car il y a encore des choses pas claires, notamment sa position sur la vente du terrain et de la mini-centrale hydraulique (*). Le candidat que je soutiendrai devra avoir une position claire sur cette affaire. Il n’est pas normal qu’on hésite concernant un bien commun qu’on a bradé pour 18 000 euros. Personnellement, je ne serai sur aucune liste, donc je n’en conduirai aucune. Je préfère me concentrer sur un travail pour l’ensemble de la Guadeloupe. Je ne perds pas mon temps. Les Régionales de 2021 sont notre échéance.»

« IL Y A TANT À FAIRE POUR PRÉPARER L’AVENIR»

Selon le président du Cippa, vu que toutes les communes sont endettées des procédures de révocation risquent d’être engagées contre d’autres maires et la situation n’ira pas mieux. « Les déficits des communes ne pourront que s’aggraver et nous n’irons pas nous mêler à cela, pour être obligés de gérer ce genre ces problèmes de finances. »
Alain Plaisir préfère donc se concentrer sur le projet du Cippa pour la Guadeloupe. « En se lançant dans les Municipales, pendant trois à quatre mois, on ne va faire que cela. Or, il y a tant à faire pour préparer l’avenir. En Guadeloupe, tout est en train d’être paupérisé, ce n’est pas en étant à la tête d’une commune qu’on va changer les choses. Je comprends bien qu’il faille des maires et des conseillers municipaux, mais nous on est ailleurs. Nous allons continuer à expliquer notre projet. Nous avons mis deux étages à la fusée et là nous allons mettre le troisième en orbite : faire passer nos idées dans le peuple profond. Les élites ont déjà compris ce qu’on veut dire. Il faut maintenant convaincre la population et cela demande à aller faire des réunions dans les communes, dans les quartiers.»

LA FISCALITÉ, CLÉ DU PROJET DU CIPPA

« Nous irons également au congrès pour dire ce que nous avons à dire. Certains élus seront certainement ébranlés puisqu’ils sont dans le système. Or, ils savent très bien qu’il n’y a pas d’argent et que la France n’en donnera pas, puisqu’elle cherche à faire des économies, à réduire les dépenses publiques. Il faudra bien qu’on apprenne à se débrouiller. Avec ce que nous avons nous pouvons mieux faire. Par exemple, quand on s’arrête sur le personnel des communes, on sait que les fonctionnaires prennent automatiquement des échelons. Cela veut dire que les charges augmentent, mais pas les ressources. Par conséquent, si on ne modifie pas la fiscalité en Guadeloupe, ça ne va pas s’améliorer. Il y a deux types de fiscalité en Guadeloupe : l’une est destinée aux communes, c’est l’octroi de mer, et l’autre, la TVA, qui rapporte plus que ce que la Guadeloupe reçoit. L’objectif c’est donc de récupérer l’ensemble des recettes fiscales perçues sur les Guadeloupéens, mais ce n’est pas possible dans le cadre d’un statut départemental. Les élus ont une certaine inculture. »

UN COMBAT GLOBAL

Le combat d’Alain Plaisir et du Cippa se situe donc au niveau du pays Guadeloupe et ils l’ont déjà démontré à travers d’autres interventions au-delà de Gourbeyre, comme sur le projet de golf de Petit-Bourg ou le soutien apporté à Maryse Etzol, maire de Grand-Bourg et présidente de la communauté de communes de Marie-Galante, dans son combat contre l’implantation de la centrale thermique d’Albioma sur l’île. Le Cippa a également été en première ligne contre la vente de centrale géothermique de Bouillante à la société israëlo-américaine Ormat.
« Ary Chalus a annoncé lors de notre dixième anniversaire (samedi 30 novembre) que la Région allait entrer dans le capital d’Ormat, mais c’est parce que nous l’avons dit et que nous en avons expliqué la nécessité. Ce qui me motive, c’est le combat global pour la Guadeloupe. Je ne veux pas être un chef de village »

Alain Plaisir n’entend pas participer à la course vers ce gâteau creux à l’intérieur qu’est l’hôtel de ville.

(*)Le 8 novembre 2019, à Gourbeyre, le maire a présenté au conseil municipal une délibération pour la cession de trois parcelles de terrain dont une de 7 895 m2 vendue à 18 000 €, qui héberge la première centrale hydraulique de la Guadeloupe installée en 1924.

3 Commentaires

  1. Comme c’est dommage, lui qui fustige les politiques du pays à adopter sa vision de la gestion d’un budget de collectivité unique avant de démontrer sa capacité à faire autrement dans une gestion communale.
    Il doit viser la présidence de la collectivité unique qu’il préconise pour réaliser le PTOM qui lui tient à cœur.
    Dommage son absence va affaiblir son projet politique qui semblait tenir la route.
    Ce sera pour une prochaine fois.Dieu aime ses enfants et lui accorde la santé et la foi.
    Bon courage

  2. Monsieur Alain Plaisir, vos idées ne seront pas vaines ainsi que le combat que vous menez, beaucoup de Guadeloupéens adhérent à votre vision d’une autre Guadeloupe responsable et autonome.Nous avons les clés et ces leviers dans nos mains.

  3. Avant de gérer une collectivité majeure (unique ?) il peut être utile de savoir en gérer une plus modeste (une mairie par exemple).
    L’idéologie, c’est bien, mais cela ne nourrit pas son homme. Un peu d’expérience en matière de droit administratif, de comptabilité publique, de finances publiques, de ressources humaines et d’urbanisme ne peut pas faire de mal. Avant de sauter dans le grand bain, il peut être intéressant de tester le petit. Histoire de ne pas se noyer et de ne pas noyer tout le monde avec soi.

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